la fusillade de fourmies

Publié le par ariane

La fusillade de Fourmies s'est déroulée le 1er mai 1891. La troupe tire sur des grévistes pacifiques tuant neuf personnes et faisant au moins 35 blessés[1].

Sommaire

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Le contexte [modifier]

Vielle cité industrielle du Nord de la France, la ville de Fourmies a atteint son apogée industrielle et démographique à la fin du XIXème siècle grâce au textile. Elle compte alors 15 000 habitants, en majorité des ouvriers. Sa distance la séparant de Paris, n’est que de 200 km. A plusieurs reprises, des grèves ont éclaté surtout le 1er Mai.

L'origine du 1er Mai [modifier]

De nos jours, le 1er Mai symbolise la fête du travail où l’on ne travaille pas tout en étant rémunéré. Mais connaissez-vous son origine ?

Ce jour férié marquant de notre calendrier, nous vient des Etats-Unis. La Fédération américaine du travail (A.F.L) créée en 1881, instaure à partir du 1er Mai 1886, la journée de 8h comme durée légale de la journée de travail. Dès cette année-là, les syndicats américains utilisèrent ce jour comme «  une journée de revendications » pour améliorer les conditions de travail des ouvriers. Il y eut plus de 5000 grèves la première année dont certaines tournèrent au drame (Milwaukee 9 morts (Chicago)). Avant la fin du XIXème siècle, cette date célébrait le printemps.

Image:Affrontements_Chicago_1886.jpg‎ Affrontements entre policiers et forces de l'ordre Chicago, 1886 © Library of Congress. http://www.linternaute.com/histoire/magazine/dossier/06/jours-feries/1er-mai/1-mai.shtml


Les Martyrs de Chicago (1886) Manifestation devant les usines Mac Cormick http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page3.htm

Mais comment cette journée de revendication s’est-elle diffusée en Europe et jusqu’en France ?

Dans le but d’obtenir la journée de 8h comme durée maximale de la journée de travail, le congrès socialiste international décide de créer en juillet 1889 une grande manifestation comprenant tous les pays, à chaque 1er Mai. Cette organisation répond à l’initiative lancée par les syndicats américains. La date du 1er Mai fut choisie en hommage aux martyrs de Chicago.

"Attendu qu'une semblable manifestation a déjà été décidée pour le 1er Mai 1890 par L'American Federation of Labour, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale."

L'appel à la grève à Fourmies [modifier]

Dans le Nord de la France, les socialistes guesdistes, très implantés dans la région, tentaient d’y organiser les ouvriers. Le futur fondateur du parti ouvrier français, Paul Lafargue (gendre de Karl Marx) alors l’un des dirigeants nationaux des socialistes guesdistes, incita à la grève générale du 1 mai consacré à la revendication de la journée des 8h et à la hausse des salaires.

Préparation de la riposte : le 30 Avril 1891 [modifier]

Pour montrer leur opposition aux revendications, les patrons ont fait apposer sur les murs de Fourmies, une affiche affirmant leur détermination à ne pas faire de concessions. Sous leur impulsion, le maire de la ville demanda l’envoi de 2 compagnies d’infanteries du 145ème régiment de ligne au sous-préfet d’Avesnes.


http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page11.htm

Récit de la journée [modifier]

Dès le départ, cette manifestation devait se dérouler dans une ambiance festive et pacifique. A 10 heures, les ouvriers devaient porter leurs revendications à la mairie. Des festivités l'après-midi et un bal en soirée étaient inscrits au programme.

"Le plus grand calme est recommandé, pas de tumulte, pas de récriminations personnelles". Culine


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http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page8.htm


"A 9 heures, après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, quatre manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie en renfort deux compagnies du 145e de ligne casernée à Maubeuge. Le 84e RI d'Avesnes est déjà sur place.

Dès lors le premier slogan : " c'est les huit heures qu'il nous faut " est suivi par " c'est nos frères qu'il nous faut ".

18h15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel qui contient 9 balles (une dans le canon et huit en magasin) de calibre 8 mm. Ces balles peuvent, quand la distance n'excède pas 100 mètres, traverser trois corps humains sans perdre d'efficacité. Les cailloux volent ; la foule pousse. Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l'air. Rien ne change. Il crie : " Baïonnette ! En avant ! " Collés contre la foule, les trente soldats, pour exécuter l'ordre, doivent faire un pas en arrière. Ce geste est pris par les jeunes manifestants pour une première victoire. Kléber Giloteaux, leur porte drapeau s'avance. Il est presque 18h25....le commandant Chapus s'écrie : " Feu ! feu ! feu rapide ! Visez le porte-drapeau ! " Neufs morts, trente cinq blessés (au moins) en quarante cinq secondes." http://pagesperso-orange.fr/alain.delfosse/html/fourmies.htm


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http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page12.htm http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page13.htm

Conséquences de la fusillade [modifier]

Cet événement a un fort retentissement en France car de nombreux journaux de l’époque le mettent en première page retenant surtout l’aspect tragique. Certains comme le Voleur illustré, soulignent le rôle de l’abbé Margerin qui s’interposa durant la fusillade.

"Alors, les soldats, sans avoir été provoqués par la foule, sans avoir fait les trois sommations réglementaires, tirèrent. La boucherie aurait duré encore longtemps si le curé catholique Margerin, n'était pas sorti de la maison et n'avait pas crié : " Assez de victimes ". Neuf enfants étaient couchés sur la place, un homme de 30 ans, 2 jeunes gens de 20 ans, 2 enfants de 11 et 12 ans et quatre jeunes filles de 17 à 20 ans." Paul Lafargue


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http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page20.htm

Des hommes politiques réagissent comme Jean Jaurès (il prononce un discours peu de temps après la fusillade) et Georges Clemenceau.


A la tribune, Georges Clemenceau :

  • dénonce l’attitude des forces de l’ordre

«C'est le 4e État qui s'est levé. »

  • rend hommage aux victimes

«ces femmes et ces enfants dont le sang a pour si longtemps rougi le pavé »

  • rappel l'importance que justice soit rendue

"Il y a quelque part, sur le pavé de Fourmies, une tache innocente qu’il faut laver à tout prix….Prenez garde ! Les morts sont des grands convertisseurs, il faut s’occuper des morts".


Mais, cette tragédie fait aussi germer des hypothèses de toutes sortes comme celle de l’écrivain antisémite Édouard Drumont Le Secret de Fourmies. Il l’explique par la présence d’un sous-préfet juif Issac. D’autres hommes de lettres en font le récit comme le socialiste Ernest Roche.


Bien que les forces de l’ordre aient été mises en cause, ce furent les instigateurs de la grève Culine et Paul Lafargue qui furent condamnés pour provocation directe au meurtre. Le premier écopa de six années de prison et le second à un an. Toutefois, Lafargue fut libéré prématurément grâce à son élection comme député en novembre 1891. Cet épisode contribua au progrès du socialisme français et comme événement fondateur de la section française de l’Internationale ouvrière.

Une tragédie transposé en chanson populaire [modifier]

Les martyrs de Fourmies

Image:CHANSON.JPG http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page33.htm

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